Du cinéma, rien que du cinéma

20 juillet 2016

Stranger things

Une série des frères Duffer avec : Winona Ryder, David Harbour et Millie Brown

Synopsis : A Hawkins, en 1983 dans l'Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d'amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre "11" sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…

 

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En choisissant de situer leur intrigue en 1983, Matt et Ross Duffer ont voulu rescuciter leurs souvenirs d'enfance, deterrant les notres au passage. Le plaisir jouissif de cette série est de pouvoir retrouver tout ce que la production cinématographique de l'époque faisait de mieux. Brandissant en étandard leur passion pour Spielberg et Stephen King (d'ailleurs Eleven fait beaucoup penser à l'éponyme"Charlie"), les jumeaux avancent masqués, distillant subtilement des références à la pelle. Les plus évidentes sont "les Goonies" (le groupe d'enfant qui part à l'aventure) et "Poltergeist" (un enfant qui bascule dans un autre monde) mais on en dénombre bien d'autres par le biais d'affiches des films marquants de cette époque ("Top Gun", "Les dents de la mer",), de clins d'oeil (les combinaisons des scientifiques piqués au culte "Abyss") et surtout tout le matériel de ce temps (téléphone à cadran, talkie-walkie). Soignant les décors et la bande-son jusqu'à ce que le spectateur oublie qu'il regarde une série de 2016 les frères Duffer ont créé une série à ambiance délectable

Se permettant une incursion dans le ciné indé de ces dernières années, le "monde à l'envers" comme l'appelle les jeunes héros, est carrément pompé sur le clinique et noir univers dans lequel tombe les proies de "Elle" dans "Under the Skin". Bref un méli-mélo de déjà-vu qui peut rebuter qu' départ mais la série s'envole au fur et à mesure que le suspense épaissit. S'appuyant sur de jeunes enfants non policés mais très charismatiques, l'intrigue ne manque ni d'humour ni d'intérêt. Seule Winona Ryder finit par lasser, surjouant l'hystérie.

En résumé : une très bonne série à l'ambiance soignée, portée par une écriture et des acteurs convaincants. Divertissement et frissons garantis !

Note : 7/10

 

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19 juillet 2016

Lettre ouverte à ceux qui...

STOOOPPPP AFFFAIRE !!!

 

 

Profitez de la dernière démarque pour vous procurer un article de premier choix 

 

 

Descriptif de l'objet : Cinéphile, bouffeuse de films depuis 1986 (non non, sans blague, j'ai vraiment commencé à 6 ans), qui a surkiffé ses années de fac à faire, entre autre, du montage et de l'écriture de scenarii (c'est là que je place tranquillement que je suis titulaire d'une licence cinéma, même si ça ne sert à rien ^^).

 

 

Fonctions : Directeurs de rédactions de tout magazine culturel spécialisé en cinéma ou créateurs de sites cinéphiles, Critikcine 3000 est le produit polyvalent qu'il vous faut. Dotée de références en cinéma indépendant comme en cinéma grand public, Critikcine est à l'aise dans la rédaction de chroniques cinéma grâce à son disque dur alimenté par des années de lecture de magazines de cinéma. Ses productions rapides et efficaces vous aideront dans toutes les tâches inhérentes à la tenue de votre revue. Son programe spécial "correspondante de presse depuis 2012" vous garantit un repect infaillible de ligne éditoriale et des deadlines qui vont avec. Référentiel séries et séries animées inclus

 

Disponibilité : Attention, produit rare, victime parfois de son succès, réapprovisionnement non prévu à ce jour. 

 

Alimentation : Passion et motivation

 

Prix ; Faire offre

 

 

 

 

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30 juin 2016

The fundamentals of caring

Ahhhhh, chers abonnés Netflix, une fois que vous aurez fait le tour de toutes les séries (notamment "Orange is the New Black" qui vient de reprendre, la première saison de "Jane The Virgin", terminé "Incredible Kimmy Schmidt", la troisième saison de "Cuckoo" (un cran bien au dessus des deux précédentes) et découvert les bijoux "Master of None", "Love" et "assassination classroom" ) et vu ou revu quelques bons films (The machinist si vous ne l'aviez pas vu par exemple), vous avez pu apercevoir du coin de l'oeil la nouveauté avec Selena Gomez et Paul Rudd. Alors est-ce que ça vaut le détour?

Je l'ai testé pour vous!

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Un film de Rob Burnett avec Paul Rudd, Selena Gomez et Craig Roberts

SynopsisFace aux nombreuses pertes qu'il doit affronter, un homme prend des cours pour devenir aide soignant, et sa vision du monde s'en trouve changée.

Alors oui je sais, de prime abord, un film avec Paul Rudd n'est pas un gage de finesse dans le jeu d'acteur ni de scénario béton, même s'il sait osciller entre petites productions indépendantes ("Our Idiot Brother"), les comédies touchantes mais un peu grasses d'Apatow et même les grosses productions en costume (parfaitement délectable "Ant-Man"). En plus, un film qui traite du soin aux malades à domicile n'est pas, il faut l'avouer, promesse d'un divertissement léger ou même agréable. Mais, lorgnant un peu du côté d'"intouchables", même si la comparaison s'arrête au duo qui ne colle pas sur le papier, cette toute petite production Netflix réserve bien des surprises. Tout d'abord, le soignant, interprété par Paul Rudd est tout aussi cassé, voir plus, que le jeune garçon dont il est sensé s'occuper. Il est en pleine débâcle dans son mariage et ne se remet pas d'un drame qui remonte à quelques années.

Enfin, c'est ce jeune garçon, brillant Craig Roberts volant la vedette à Rudd dès sa première apparition, qui va redonner un nouveau souffle à cet homme perdu et au film par la même occasion. Jouant de sa personnalité sombre et joueuse, le jeune malade va embarquer les diverses personnes qui vont croiser son chemin dans un voyage initiatique marqué par un humour féroce (parfois un peu lourd) et une tendresse qui triomphe de toutes les difficultés. 

En résumé : Oui c'est parfois un peu indigeste et maladroit mais une vraie leçon de vie s'en dégage et fait du bien par son honnêteté. Un beau et agréable divertissement à savourer un après-midi orageux ou une belle nuit d'été.

Ps : pour les Selenators ; oui elle est tçujours mimi, elle n'est pas mauvaise actrice mais, en tentant le contre-emploi à grand renfort de gros mots et panoplie de bad girl comme dans Springbreakers ; c'est raté... De plus, son personnage n'apporte pas grand chose à l'intrigue.

Note : 6/10

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24 avril 2015

L'épreuve

109836_jpg_r_640_600_b_1_D6D6D6_f_jpg_q_x_xxyxxDe : Erik Poppe avec : Juliette Binoche, Nikolaj Coster-Waldau, Lauryn Canny et Larry Mullen Jr

Synopsis : Rebecca est une photographe de guerre de renommée internationale. Alors qu’elle est en reportage en Afghanistan pour suivre un groupe de femmes qui préparent un attentat suicide, elle est gravement blessée par l'explosion d'une bombe. De retour chez elle en Irlande, pour se remettre de ce traumatisme, elle doit affronter une autre épreuve. Marcus, son mari et Stéphanie, sa fille ainée de 13 ans, ne supportent plus l’angoisse provoquée par les risques que son métier impose. Rebecca, qui est déchirée entre les souffrances qu’elle fait subir à ses proches et sa passion de photoreporter, doit faire face à un ultimatum : choisir entre son travail et sa famille. Mais peut-on vraiment échapper à sa vocation, aussi dangereuse soit-elle ? Renoncera t-elle à couvrir ces zones de combats, et à sa volonté de dénoncer la tragédie humaine de son époque ?

 

Au front comme à la maison.

Cinq ans après le succès d'"En eaux troubles", Le réalisateur norvégien revient avec toujours un drame mais plus personnel celui-ci. Photographe de zones de conflits jusque dans les années 80, Erik Poppe avait envie de partager son questionnement quant à ce métier et ses conséquences. Rebecca, interprétée avec force et conviction par Juliette Binoche est une femme blessée. Blessée dans son corps lors d'un reportage parmi un groupe de femmes terroristes et dans son âme par sa famille qui, ne pouvant plus vivre dans l'angoisse de la voir se mettre en danger et de na pas savoir si elle reviendra vivante de sa prochaine mission, lui pose un ultmatum. Passionnée par son métier mais amoureuse et maman attentive, la reporter comprend l'urgence et essaie aussi fort qu'elle peut de simplement vivre sa confortable vie de famille entourée de son époux et de ses deux filles. Mais vite, insidieusement, la rage et le dégoût d'être chaque jour spectatrice de la souffrance du monde sans pouvoir la dénoncer, la prend aux tripes. D'abord fermement décidée à respecter sa promesse de ne plus partir, elle est rattrapée par sa passion lors d'un concours de circonstances : un vieil ami lui propose de partir au Kenya pour une courte de mission en tant que simple correspondante et sa fille a un exposé à faire sur l'Afrique et la pousse à partir pour l'accompagner. C'est là que l'étau se ressserre autour de Rebecca et qu'elle va prendre la pleine conscience de ce qu'implique sa passion : faire la balance entre l'envie irrépressible de montrer au monde les difficultés et la violence que subissent certaines populations et assurer sa survie et celle de sa fille adolescente. Tout le dilemme de ce personnage se trouve ainsi cristallisé et est omniprésent dans la réalisation à la photographie impeccable, oscillant entre les moments purs et calmes en famille dominés par des nuances de blanc (draps, lumière et décoration de la maison de l'héroïne...) et les moments de reportages, plus cut, plus rapides et zébrés de rouge lorsque la violence s'invite (le drap cachant les femmes kamikazes lavées avant de s'equiper de leur bombe, le foulard autour du coup d'un assaillant au Kenya...). L'équilibre entre ces deux univers font la réussite de ce film. Comment mieux montrer un conflit intérieur qu'en créant deux ambiances distinctes? L'accélération et la montée de la violence sont concomitantes dans les deux "mondes" de Rebecca, la poussant à faire des choix que l'on sent irréversibles. Mais point de jugement ici, juste un constat : la passion est souvent incompatible avec la vie de famille. Libre au spectateur d'interpréter le dernier plan, déchirant, et de chercher en lui sa réponse au double conflit qui se joue devant ses yeux.

En résumé : Fort et passionné, à l'image du personnage principal et de son interprète, ce nouveau long-métrage d'Erik Poppe propose une vision intérieure du métier de reporter mâtinée de drame familial. Une belle réussite portée par un sujet épineux (jusqu'on doit-on aller lorsqu'on est photo-reporter? Où se situe la frontière entre la recherche d'adrénaline et la dénonciation? Que cache cette volonté de secouer les esprits?), une photographie élégante et soignée et un montage efficace.

Note : 7/10

 

 

 

 

 

 

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08 janvier 2015

Retro 2014

Alors quoi de bon en 2014 sur les écrans vous demandez-vous?

Et bien voila mes humbles preconisations pour une bonne session nostalgie de l'année écoulée et surtout pour ne voir que le meilleur des 12 mois précédents.

Tout d'abord les 5 films que vous ne pouvez pas rater sous peine de vous priver de grands moments ciné.

1/Interstellar : LE grand film sci-fi de 2014 et sûrement la meilleure oeuvre existante sur la physique quantique. Matthew McConaughey à son zenith.

2/Mommy : Le génie de Dolan a encore frappé. En croquant ce couple mère/fils qui apprend à revivre ensemble et à surmonter les problèmes psychiatriques qui pourrissent leurs relations, Dolan touche au fondement de l'être et pose cette difficile question : l'amour peut-il tout resoudre?

3/Her : Amour et dématérialité sont-ils compatibles? Ce beau drama-sentimental indé lie à la perfection esthétique de la forme et profiondeur du fond.

3/ex-aequo La vie rêvée de Walter Mitty : Un sublime voyage dans la vie de Monsieur-tout-le-monde qui décide de prendre son destin et celui du journal pour lequel il travaille, en mains. Des paysages à couper le souffle et un Ben Stiller émouvant et grandiose d'humble humanité. Touchant et renversant de beauté.

4/Respire : "Respire" inspire Mélanie Laurent qui livre une deuxième oeuvre organique reposant sur son sens inné du cadre et un travail immersif sur le son. Le propos est profond et la jeune actrice réalisatrice a su tirer la substentifique moëlle du livre eponyme d'Anne-Sophie Brasme, laissant le spectateur pantois et à bout de souffle devant cette amitié toxique qui prend à la gorge petit à petit, tout comme les plans qui ressèrent lentement leur étreinte jusqu'à la respiration finale qui hantera longtemps les mémoires.

5/Whiplash : A l'issue de ce film, mené tambour battant, coulant de sang et de sueur, on comprend mieux ceux qui se perdent dans l'art de la musique tant elle est exigeante et son âme belle et sombre. Une invitation à reflechir sur l'ambition et les sacrifices qu'elle engendre.

5/ex-aequo Under the skin : Prenez une Scarlett Johansson, transformez-la en E.T assoiffée de chair masculine et vous obtenez un essai cinématographique à la bande-son organique collant parfaitement à cette épopée glaciale et sensorielle aux envolées plastiques surprenantes et fascinantes.

 

Au rayon horreur : Mister Babadook est sans aucun doute le plus efficace et intimiste de 2014. Des frissons d'angoisse, un suspense de bout en bout et surtout une émotion latente qui accompagne ce récit d'une famille au bord de la crise de nerfs aux prises avec "le monstre" tapi en chacun de nous...

Et en fantastique quoi de neuf? : Predestination ou la mise en image de la mise en abîme. Ou un seul homme à la poursuite de son passé, de son présent et de son futur sans savoir ce qui l'attend... Le scenar le plus barré depuis au moins 10 ans et un Ethan Hawke en grande forme font de ce "petit" film une perle absolument incontournable. Le fantastique renoue avec ses codes de noirceur, d'humour noir et de ce qu'il faut de malsain et retrouve ses lettres de noblesse. un vrai grand moment de cinéma de genre.

Enemy ou le choc de rencontrer son double et la tentation de prendre sa place. Une allégorie de la double vie et des mensonges qui prennent vie. Jake Gyllenhaal nous fait joliement perdre la tête, pris au milieu d'une spirale weird et hypnotisante. Un final de haut vol qui laissera bien des esprits fermés sur le carreau. Les autres se délecteront de sa poésie noire kafkaienne.

Du côté des comédies : Seuls les britanniques réussissent à tirer du marasme ce genre moribond. Un des meilleurs exemples est sans doute le tendre et enlevé Pride. Au menu : la dédramatisation de l'homophobie par la reconstitution de l'élan de soutien de la LGSM (Lesbians and Gays support the miners) à l'endroit des mineurs lors de la grève de 1984 à 1985 qui a entâché les années Thatcher. Enoncé comme celà, on pourrait s'attendre à un film militant et ennuyeux. C'est mal connaître nos voisins anglais! C'est plutôt une belle illustration de ce que l'unité en dépit des différences permet de réaliser, enrobée d'un second degré touchant, rafraichissant et drôle. A voir et à revoir pour son retentissement après les événements de ces derniers jours...

Pépite(s) : Celui-là c'est cadeau, c'est totalement incontournable : Zach Braff est revenu à la réalisation!! Dix ans après le mélancolique et rêveur "Garden State", film qui a toucé toute une génération, il nous ressert un chef-d'oeuvre avec Wish I was here ou Le rôle de ma vie en français. Vaste chronique familiale sur la réalisation des rêves et les difficultés de passation des valeurs mais aussi sur les responsabilités familiales de chacun. 1h47 de bonheur fantaisiste enveloppé par une bande-son qui rassemble ce qu'il se fait de meilleur dans la pop-indé actuelle : comme une reminiscence de nos meilleurs souvenirs d'enfance : tendre, réconfortant et profond.

Une autre pour la route : Boyhood. Après avoir suivi la naissance et l'évolution d'un couple sur vingt ans l'espace de trois films brillament interprétés par Julie Delpy et Ethan Hawke, Richard Linklater s'est penché sur la croissance et l'entrée dans l'âge adulte d'un jeune garçon de 6 à 18 ans. Encore du sans précédent et toujours, dans la finesse du sentiment. La réalité de la vie nous apparaît soudain crue et belle malgré les aléas. Rien n'a été coupé, ni certaines longueurs, ni une certaine pudeur qui pèsent sur le rythme et empêche cette épopée familiale d'atteindre les sommets qu'elle aurait pourtant pu toucher. Sensible, honnête et revigorant.

Thriller : Gone Girl a remporté un franc succès au box office et auprès des spectateurs mais était-ce mérité? La réponse est oui mais un poil plus court et un final moins explicatif aurait propulsé ce sombre et tragi-comique portrait de couple au firmament de son genre.

 

J'en oublie certainement, j'y reviendrais au fil des mois, rien n'est immuable...

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01 décembre 2014

Mister Babadook

 

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De : Jennifer Kent avec : Essie Davis et Noah Wiseman

Synopsis : Interdit aux moins de 12 ans

Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations...

 

L'horreur tapie au fond de nous

Ca commence pourtant comme un bête film de possession : un enfant difficile, une mère depassée, des événements de plus en plus violents (Le jeune Samuel finit par blesser sa propre cousine), une sombre histoire de pseudo-ogre qui emporterait les enfants, rien que de très normal dans ce genre cinématographique.

Mais, au fil de l'histoire, Polanski pour l'ambiance suitante et malsaine et Lynch pour le fantastique qui surgit de nulle part sont convoqués et ce Mister Babadook prend une tournure bien plus intime.

C'est un drame qui se joue sous les yeux agards des spectateurs envoutés par le crescendo de la violence dans laquelle cette petite famille s'enfonce.

On ne sait pas qui de la mère ou l'enfant va aller le plus loin. L'angoisse est à son comble jusqu'aux derniers plans où ce long-métrage prend toute son ampleur de drame en nous montrant de l'intérieur le cyclone qu'est la dépression.

Au final, la punchline de ce sombre drame matiné d'épouvante pourrait être : "Maman n'est pas méchante, elle est juste malade".

Un grand film horrifique, viscéral et intime sur la puissance destructrice de la dépression : un choc. Un prix du jury mérité à Gerarmer tout comme sa présentation à Sundance.

 

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26 novembre 2014

Interstellar

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De : Christopher Nolan avec : Matthew McConaughey, Michael Caine, Anne Hathaway, Mackenzie Foy, Casey Affleck, Matt Damon et Jessica Chastain

Synopsis Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire. 

 Petit précis de physique quantique en plein coeur d'un drame familial

Ce que Nolan a fait avec ce long est un immense pas pour le cinéma. Mêler personnages riches et travaillés, science-fiction, drame humain, film apocalyptique, physique quantique, réflexion sur le temps et le destin sans ennui et sans ridicule est de l'ordre de l'impossible. Et pourtant il l'a fait! Et bien en plus! Balançant idéalement entre beauté visuelle brute et profondeur du récit, le réalisateur des brillants et déjà métaphysiques "Memento", "insomnia" et "Inception", qui a su renouveler la licence Batman avec brio, propose l'histoire de la fin de l'humanité sur Terre et la conquête de nouveaux espaces à l'echelle d'une famille. L'histoire se suit 

d'abord comme un drame familial, suivi d'un pur moment de science-fiction haletant comme un thriller pour finir, laissant le spectateur pantelant, sur une variation autour du destin de chacun et de la perception réduite du temps qu'à l'être humain à son échelle. Plus qu'un film, le dernier Nolan est une experience que toute tentative d'explication ne ferait qu'en réduire l'impact. 

Un long-métrage qui figurera dans le panthéon des films 2014 et certainement au-delà, tant il transcende son genre. McConaughey en profite pour parfaire son rôle d'anti-héros au coeur noble, livrant une belle performance.

En résumé : Un film profond, brut, à la beauté organique, qui propose rien de moins qu'une nouvelle dimension à la science-fiction, on n'en attendait au moins autant d'un réalisateur qui ne cesse d'aligner les succès.

Note : 8/10

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Interstellar
Interstellar Bande-annonce (4) VOST

 

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20 novembre 2014

Calvary

De : John Michael McDonagh avec : Brendan Gleeson, Kelly Reily, Marie-Josée Croze, Aidan Gillen, Dylan Moran et Isaach de Bankolé

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

La vie du père James est brusquement bouleversée par la confession d’un mystérieux membre de sa paroisse, qui menace de le tuer. Alors qu’il s’efforce de continuer à s’occuper de sa fille et d’aider ses paroissiens à résoudre leurs problèmes, le prêtre sent l’étau se refermer inexorablement sur lui, sans savoir s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend…

Le calvaire en 7 jours

Que feriez-vous si vous connaissiez votre meurtier et la date de votre mort? C'est le difficile destin qui attend le bon Père James, prêtre très apprécié de sa petite bourgade irlandaise. Un des membres de sa paroisse vient lui annoncer en confession qu'il viendra le tuer le dimanche suivant, par simple défi, pour assassiner un membre du clergé et ainsi laver son âme meurtie par des sévices subis alors qu'il n'était qu'un enfant. Le prêtre va alors, tout en continuant son travail auprès de ses fidèles, passer par les différentes étapes du deuil.

Le déni tout d'abord. Sa première réaction est de ne pas croire que ce paroissien ira jusqu'au bout. Il s'appuie sur sa foi pour résister à la peur. Puis vient la colère lorsque la détermination de cet homme à le tuer se révèle au gré des jours qui passent. Incendie, assassinat, les méfaits s'accumulent en effet tout au long de la semaine. Arrive ensuite la tristesse. Face à l'issue qui paraît inéluctable, le Père James finit par se laisser haper par le découragement et glisse lentement dans ses démons passés, à savoir l'alcool. Et, enfin la résilience. Le prêtre semble prêt à acccepter son sort, sans essayer de l'éviter, donnant un final éblouissant de tension et de force spirituelle. Mais ce long-métrage présenté à Sundance et Berlin cette année, n'est pas un précis philosophique ou religieux. Il transcende les genres en étant tout à la fois un film à l'humour noir brillant et jouissif, un polar lumineux habité par le jaune, l'orangé et sublimé par le vert des paysages irlandais et un récit initiatique sur la foi face à la violence et les affres sordides des Hommes.

Un long-métrage riche, drôle, fort et cadencé, qui fait réfléchir sur l'âme humaine et reste longtemps en mémoire.

Note : 6/10

 

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06 novembre 2014

Palo Alto

304237De Gia Coppola avec James Franco, Emma Roberts, Nat Wolff et Jack Kilmer

Synopsis Piégés dans le confort de leur banlieue chic, Teddy, April, Fred et Emily, adolescents livrés à eux-mêmes, cherchent leur place dans le monde. Ils ont soif de sensations fortes et testent leurs limites. L’alcool, les drogues et le sexe trompent leur ennui. Ils errent sans but dans les rues ombragées de Palo Alto incapables de voir clair dans le tourbillon confus de leurs émotions. Sauront-ils éviter les dangers du monde réel ?

 

La noirceur de l'adolescence en couleur

Que faire lorsque l'on est la petite-fille de Francis Ford et la nièce de Sofia et que l'on veut montrer l'étendue de ses talents?

Un film sur l'adolescence bien sûr! Inspirée par le recueuil de nouvelles de James Franco datant de 2011, Gia fait donc son entrée dans la cour des (grands) réalisateurs en adaptant ces histoires de jeunes gens paumés dans la petite ville de Palo Alto, riche cité pavillonaire de la silicon valley, où ils s'etourdissent de rêves, de violence, de dépassement des limites et de l'amer constat d'un avenir incertain.

Au programme, de beaux ralentis sur des soleils couchants californiens, du mal-être adolescent à base de coucheries inopinées, de cascades dangereuses en voiture arrosées d'alcool et de drogue mâtinées d'intenses plages de musique electro-planante, pour un peu on se croirait chez Sofia Coppola. Mais il y a une noirceur plus profonde chez Gia, née orpheline d'un père, qui semble encore plus proche de ces jeunes qui ne croient plus en rien et qui portent l'ennui en étendard. Seul l'amour semble être une vague oasis dans laquelle trouver un échappatoir. Ils se débattent avec toute leur energie adolescente pour trouver une place que la société ne semble pas leur avoir prévu. Et c'est là toute la beauté du film. Ces jeunes semblent ne plus rien attendre de la vie à part une eternelle perdition. Ce vertige nous est communiqué de belle façon par des personnages attachants bien qu'un peu archétypaux (la jolie naïve un peu rêveuse, le jeune timide et fragile, la tête brûlée et la jeune fille qui pense n'exister que par son corps). On suit avec tendresse et mélancolie leurs errances, frustrés par la compatibilité des âmes qui nous sautent aux yeux dès le départ mais qui peinent à entrer en communication, amenant un cortège d'erreurs et de dommages collateraux. Mais n'est-ce pas ça la jeunesse? Faire des erreurs pour se connaître soi-même et apprendre à chercher ce qu'il nous convient? Le final est comme un nouveau souffle retrouvé après une periode difficile : une explosition de sensations et l'exitation de ces nouvelles perspectives qui se dessinent. 

En bref : Un voyage séduisant et écorché dans le monde de la jeunesse actuelle, porté par un Jack Kilmer attendrissant, à fleur de peau et juste et une Emma Roberts ingénue et fragile sous son apparence de jeune fille équilibrée. James Franco prouve au passage son âme d'artiste donnant à Gia Coppola la matière pour exprimer son talentdéjà irradiant et prometteur.

Note : 7/10

Palo Alto
Palo Alto Bande-annonce VO

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26 octobre 2014

Magic in the Moonlight

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De : Woody Allen avec : Colin Firth, Emma Stone et Eileen Atkins

Synopsis Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

 

Un cru tout juste dans la moyenne, à l'arrière-goût de rance

Quand on est un adepte du grand et infatigable Allen, les années sans sont plus difficiles à avaler. Ce n'est pas que cette mignonette rom-com soit ratée non, c'est juste qu'on nous l'a déjà faite cent fois l'histoire des deux opposés (très opposés) qui finissent pas s'attirer. Il y avait même du potentiel puisque le plus célèbre des réal new-yorkais avait décidé de revenir en France et de jouer sur le décalage temporel comme dans un de ses chef-d'oeuvres européens "midnight in Paris" mais le résultat 2014 ne soutient pas la comparaison, ne serait-ce que sur la forme. Oui les couleurs chaudes du soleil du Sud de la France embellissent les péripéties de l'anglais arrogant et de la médium supposée charlatan, mais ne suffisent pas à réchauffer l'intrigue qui manque de la fantaisie et du mordant habituel du maître. Manquant de relief dans les sentiments et patissant, une fois n'est pas coutume, d'un style ampoulé, cette sympatique comédie romantique peine à maintenir l'intérêt du spectateur jusqu'au bout. Pourtant, les dialogues sont toujours aussi bien écrits et savoureux et Colin Firth et Emma Stone portent haut les couleurs de leurs personnages contre vents et marées. La faute à une belle philosophie déroulée pendant les 3/4 de l'intrigue (la magie est partout, il suffit d'y croire) qui retombe bien pesamment sur ses pattes en idéalisant le sentiment amoureux.

En bref : Une jolie rom-com manquant de pep's et empesée par un style trop académique, un comble pour Allen ! Restent les dialogues, le charisme bourru de Colin Firth et la beauté gracieuse et fragile d'Emma Stone enfin révélée.

Note : 5.5/10

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