508784De David Fincher, avec Ben Aflleck, Rosamund Pike et Neil Patrick Harris

Synopsis A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

 

L'amour à mort

Quel bonheur de retrouver David Fincher! A l'aise dans le malaise sur pellicule et grand distillateur de sensations fortes (Fight Club), d'émotions étranges (Benjamin Button, Panic Room), génie des thrillers psychologiques sombres et suintants d'angoisse (Seven, The Game, Zodiac), le surdoué s'était même payé une incursion brillante dans le biopic avec un brûlot sur le créateur de Facebook. A croire qu'il sait tout faire (Ah oui, même la série TV... (House of Cards)). C'est donc en toute confiance que le spectateur amateur de frissons et de manipulation mentale peut légitimement se diriger vers sa salle obscure préférée pour aller déguster le nouveau long(trop?)-métrage Fincherien.

Au niveau du suspense et de la mise en scène, on est sevi. La perfection, presque trop lisse, de cette adaptation du best-seller de Gillian Flynn, racontant la disparition inquiétante d'une femme qui laisse penser à la culpabilité de son mari, reste efficace tout au long des 2h30 de ce polar à l'humour onyx et grinçant. Ben Aflleck et Rosamund Pike développent des trésors de finesse et de grotesque dans leur jeu, portant ce cynique portrait du mariage et de ses petites et grandes lâchetés quotidiennes, sur leurs épaules.

Aucun temps mort, quelques rebondissements étonnants mais pas autant qu'on aurait pu attendre de Fincher, le soufflé finit par retomber doucement au 2/3 pour repartir tutoyer les sommets dans les derniers instants qui achèvent le mythe américain du couple bien sous tout rapport et surtout dégoupille une grenade sur les médias et leur flot continu d'informations "buzz" qui tue dans l'ombre la conscience collective du bien et du mal et du respect de la vie de chacun.

Dommage alors que tout ce talent servent une morale un peu éculée : "les hommes sont des menteurs lâches et idiots, les femmes d'hystériques manipulatrices" et même "Nous ne sommes finalement que le produit de notre éducation"

Restent une impression amère sur le couple et une angoisse latente qui perdure longtemps après la séance : connaissons-nous réellement les personnes qui partagent nos vies? Le mariage nous condamne-t-il à devenir des êtres plus mauvais? Que vaut l'amour face à l'argent? Vastes questions, merci pour la sérénité mentale des spectateurs de les avoir posées.

En conclusion : Une guerre des roses version 2014 piquante, saisissante de réalisme ou les "apparences" sont décidément trompeuses.

 

Note : 7/10