Alors quoi de bon en 2014 sur les écrans vous demandez-vous?

Et bien voila mes humbles preconisations pour une bonne session nostalgie de l'année écoulée et surtout pour ne voir que le meilleur des 12 mois précédents.

Tout d'abord les 5 films que vous ne pouvez pas rater sous peine de vous priver de grands moments ciné.

1/Interstellar : LE grand film sci-fi de 2014 et sûrement la meilleure oeuvre existante sur la physique quantique. Matthew McConaughey à son zenith.

2/Mommy : Le génie de Dolan a encore frappé. En croquant ce couple mère/fils qui apprend à revivre ensemble et à surmonter les problèmes psychiatriques qui pourrissent leurs relations, Dolan touche au fondement de l'être et pose cette difficile question : l'amour peut-il tout resoudre?

3/Her : Amour et dématérialité sont-ils compatibles? Ce beau drama-sentimental indé lie à la perfection esthétique de la forme et profiondeur du fond.

3/ex-aequo La vie rêvée de Walter Mitty : Un sublime voyage dans la vie de Monsieur-tout-le-monde qui décide de prendre son destin et celui du journal pour lequel il travaille, en mains. Des paysages à couper le souffle et un Ben Stiller émouvant et grandiose d'humble humanité. Touchant et renversant de beauté.

4/Respire : "Respire" inspire Mélanie Laurent qui livre une deuxième oeuvre organique reposant sur son sens inné du cadre et un travail immersif sur le son. Le propos est profond et la jeune actrice réalisatrice a su tirer la substentifique moëlle du livre eponyme d'Anne-Sophie Brasme, laissant le spectateur pantois et à bout de souffle devant cette amitié toxique qui prend à la gorge petit à petit, tout comme les plans qui ressèrent lentement leur étreinte jusqu'à la respiration finale qui hantera longtemps les mémoires.

5/Whiplash : A l'issue de ce film, mené tambour battant, coulant de sang et de sueur, on comprend mieux ceux qui se perdent dans l'art de la musique tant elle est exigeante et son âme belle et sombre. Une invitation à reflechir sur l'ambition et les sacrifices qu'elle engendre.

5/ex-aequo Under the skin : Prenez une Scarlett Johansson, transformez-la en E.T assoiffée de chair masculine et vous obtenez un essai cinématographique à la bande-son organique collant parfaitement à cette épopée glaciale et sensorielle aux envolées plastiques surprenantes et fascinantes.

 

Au rayon horreur : Mister Babadook est sans aucun doute le plus efficace et intimiste de 2014. Des frissons d'angoisse, un suspense de bout en bout et surtout une émotion latente qui accompagne ce récit d'une famille au bord de la crise de nerfs aux prises avec "le monstre" tapi en chacun de nous...

Et en fantastique quoi de neuf? : Predestination ou la mise en image de la mise en abîme. Ou un seul homme à la poursuite de son passé, de son présent et de son futur sans savoir ce qui l'attend... Le scenar le plus barré depuis au moins 10 ans et un Ethan Hawke en grande forme font de ce "petit" film une perle absolument incontournable. Le fantastique renoue avec ses codes de noirceur, d'humour noir et de ce qu'il faut de malsain et retrouve ses lettres de noblesse. un vrai grand moment de cinéma de genre.

Enemy ou le choc de rencontrer son double et la tentation de prendre sa place. Une allégorie de la double vie et des mensonges qui prennent vie. Jake Gyllenhaal nous fait joliement perdre la tête, pris au milieu d'une spirale weird et hypnotisante. Un final de haut vol qui laissera bien des esprits fermés sur le carreau. Les autres se délecteront de sa poésie noire kafkaienne.

Du côté des comédies : Seuls les britanniques réussissent à tirer du marasme ce genre moribond. Un des meilleurs exemples est sans doute le tendre et enlevé Pride. Au menu : la dédramatisation de l'homophobie par la reconstitution de l'élan de soutien de la LGSM (Lesbians and Gays support the miners) à l'endroit des mineurs lors de la grève de 1984 à 1985 qui a entâché les années Thatcher. Enoncé comme celà, on pourrait s'attendre à un film militant et ennuyeux. C'est mal connaître nos voisins anglais! C'est plutôt une belle illustration de ce que l'unité en dépit des différences permet de réaliser, enrobée d'un second degré touchant, rafraichissant et drôle. A voir et à revoir pour son retentissement après les événements de ces derniers jours...

Pépite(s) : Celui-là c'est cadeau, c'est totalement incontournable : Zach Braff est revenu à la réalisation!! Dix ans après le mélancolique et rêveur "Garden State", film qui a toucé toute une génération, il nous ressert un chef-d'oeuvre avec Wish I was here ou Le rôle de ma vie en français. Vaste chronique familiale sur la réalisation des rêves et les difficultés de passation des valeurs mais aussi sur les responsabilités familiales de chacun. 1h47 de bonheur fantaisiste enveloppé par une bande-son qui rassemble ce qu'il se fait de meilleur dans la pop-indé actuelle : comme une reminiscence de nos meilleurs souvenirs d'enfance : tendre, réconfortant et profond.

Une autre pour la route : Boyhood. Après avoir suivi la naissance et l'évolution d'un couple sur vingt ans l'espace de trois films brillament interprétés par Julie Delpy et Ethan Hawke, Richard Linklater s'est penché sur la croissance et l'entrée dans l'âge adulte d'un jeune garçon de 6 à 18 ans. Encore du sans précédent et toujours, dans la finesse du sentiment. La réalité de la vie nous apparaît soudain crue et belle malgré les aléas. Rien n'a été coupé, ni certaines longueurs, ni une certaine pudeur qui pèsent sur le rythme et empêche cette épopée familiale d'atteindre les sommets qu'elle aurait pourtant pu toucher. Sensible, honnête et revigorant.

Thriller : Gone Girl a remporté un franc succès au box office et auprès des spectateurs mais était-ce mérité? La réponse est oui mais un poil plus court et un final moins explicatif aurait propulsé ce sombre et tragi-comique portrait de couple au firmament de son genre.

 

J'en oublie certainement, j'y reviendrais au fil des mois, rien n'est immuable...